Stratégie de lutte contre varroa : les fondamentaux


L’objectif du traitement contre varroa est bien entendu de contrôler l’infestation et d’éviter les conséquences sur la colonie.

Mais c’est également de limiter la pression et l’impact sanitaire du parasite sur les ruchers voisins. Ainsi que sur le cheptel apicole en général.

C’est pourquoi toutes les colonies d’un même rucher doivent être traitées au même moment. Et cette règle devrait également s’appliquer aux ruchers avoisinants, pour des résultats satisfaisants.

Stratégie de lutte contre Varroa : les fondamentaux
Utiliser un traitement de lutte contre Varroa avec une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM)

Utiliser un traitement de lutte contre Varroa avec AMM


Les traitements utilisés doivent impérativement disposer d’une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché).

En effet, seuls ces traitements sont gages d’efficacité et d’innocuité pour les colonies, pour les produits de la ruche (dont le miel), et pour l’utilisateur et son environnement.

Néanmoins, bien lire les instructions et les précautions d’emploi sont primordiales. Elles vous permettront d’appliquer les bons dosages et de connaître les contraintes d’utilisation (températures, ventilation, temps d’attente, … ).

La population varroa croît à une vitesse exponentielle.

Chaque mois elle se multiplie par deux.1

D’où la nécessité de ne pas se reposer uniquement sur un traitement de fin de saison appliqué trop tardivement.

Traitement tardif contre Varroa : une hausse des pertes hivernales

Traitement tardif = hausse des pertes hivernales


Plus le traitement est tardif, plus la période pendant laquelle les varroas entraîneront des dégâts dans la colonie sera prolongée.2

L’élimination du varroa et la limitation de ses effets sur les abeilles infestées ne seront possibles avec l’utilisation d’un traitement tardif.

Ainsi, traiter tôt en saison est le meilleur moyen de limiter la mortalité en hiver. Également, cela contribue à préparer les abeilles à un redémarrage de printemps dans de bonnes conditions.2

La stratégie à oublier : « un traitement par an à la même période »


Même s’il est tentant d’aborder la lutte contre varroa de manière routinière, il est dangereux de se limiter à la stratégie « un seul traitement appliqué chaque année au même moment ».

On oublie bien souvent l’influence des facteurs environnementaux (notamment la température3) et des races d’abeilles sélectionnées4 sur le développement du varroa dans les colonies.

On tend alors vers des années avec de plus en plus de couvain, et donc des infestations de plus en plus difficiles à contenir.

Impossible donc de se reposer sur une stratégie unique répétée chaque année. Il est important d’anticiper les suivis tôt dans la saison pour savoir où vous vous situez, et éventuellement de mettre en place des mesures d’urgence lorsque vos ruches dépassent les seuils d’infestation.

La mauvaise stratégie de lutte contre Varroa : un traitement par an à la même date
Succès contre varroa : combiner traitements et méthodes biomécaniques

Combiner les traitements et les méthodes biomécaniques dans la lutte contre Varroa


Face à la pression varroa grandissante auxquelles sont soumises les colonies, il devient de plus en plus intéressant d’associer des méthodes biomécaniques aux traitements afin de construire sa stratégie de lutte.

Retrait de couvain de mâles (piégeage ou destruction), division de colonies ou encore encagement de reine.

Ces méthodes permettent notamment l’utilisation d’un traitement « flash » au cours de la saison apicole, afin d’abaisser l’infestation et retarder l’application du traitement suivant.

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Guide

Nouveau guide de 20 pages sur « La lutte intégrée contre varroa au fil des saisons », co-écrit avec le Dr Gérald Therville, vétérinaire titulaire d’un DIE en apiculture.


Références

1- Marwan Keshlaf, Hamida B. Mirwan – Population Dynamics of Varroa Mites and Bee Lice in Honey Bees Colonies – University of Tripoli, Faculty of Agriculture – 2018
2- https://www.adage.adafrance.org/downloads/documents%20ressources/2020_synthese_enquetes_printemps_2020_grand_est_vfinale.pdf
D’après une enquête menée chaque année en région Grand-Est, plus le traitement est appliqué tardivement, plus les pertes hivernales sont élevées. Etude menée en 2020 sur plus de 29 000 ruches.
3- Poonia, Asha & Gulati, Rachna & Sharma, S.K.. (2014). Effect of environmental factors on the population of Varroa destructor in Apis mellifera l. Colonies. The eCOSCAN.
https://www.researchgate.net/profile/Asha-Poonia/publication/281587411
La population varroa était significativement corrélée positivement avec la température maximale (r = 0,659) et minimale (r = 0,648).
4- Smoliński, S., Langowska, A. & Glazaczow, A. Raised seasonal temperatures reinforce autumn Varroa destructor infestation in honey bee colonies. Sci Rep11, 22256 (2021).
https://doi.org/10.1038/s41598-021-01369-1
Différence statistiquement significative (p = 0.039) entre l’abeille Caucasienne et l’abeille Buckfast.

VTP-75-FR-N02-02/22